Analyse politique : l’Afrique retombe dans ses travers

Carte de l'Afrique et les drapeaux des pays africains

 


L’Afrique, dont plusieurs pays font office d’élèves modèles en matière d’économie, ne semble pas vouloir retenir les leçons tirées du passé. Les mêmes erreurs se profilent à l’horizon, ce qui n’arrange pas la stabilité politique dans certains pays. Nous allons analyser ici, succinctement, la situation qui prévaut dans trois pays, actuellement médiatisés du fait des scénarios qui s’y sont déroulés (ou qui s’y déroule).

L’Afrique de l’Ouest : la Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire connaît un ralentissement dans son redressement économique et démocratique [En savoir plus]. Les mutins, qui ne sont que les ex-rebelles (dirigés par Guillaume Soro, actuel Président de l’Assemblée Nationale) anti-Laurent Gbagbo, se sont battus à corps et âme pour l’accession au pouvoir d’Alassane Dramane Ouattara, dans la terrible crise de 2011. Six années écoulées, les mutins dénoncent l’absence de primes qui leur avaient été promises, provoquant ainsi, des tueries dans le pays où les villes de Bouaké, Abidjan, pour les plus connues d’entre elles, sont empêtrés dans des méandres sécuritaires.

Alassane Ouattara pensait avoir résolu la nouvelle crise que traverse le pays, lorsqu’il organisa, le 11 mai, une grande cérémonie visant à étouffer les revendications médiatiques des mutins. il était convenu que ces derniers devaient présenter publiquement leurs excuses et par dessus tout, leurs renoncements à leurs primes. L’évènement n’aura pas produit l’effet escompté, du fait que les clivages soient omniprésents au sein des mutins certains se sont pliés aux exigences de la présidence tandis que la majorité est toujours dans l’attente du dernier paiement, s’agissant de leurs primes (on parle, ici, d’une somme avoisinant les 7500 €). En termes d’image, un tel problème qui rejaillit, après la longue crise ivoirienne, ne fait que raviver les stéréotypes et les « à priori » autour de l’Afrique. La Côte d’Ivoire a un passif lourd en antagonisme clanique et identitaire (on a tous en mémoire le concept d’ « ivoirité »), puis la guerre qui s’y est semée durant plusieurs années, ne vient pas encourager l’attirance d’investisseurs étrangers.

L’Afrique de l’Est : Le Burundi

Au Burundi, la crise burundaise est de tout ordre car elle touche de plein fouet la population. Depuis, la réélection controversée du Président de la République du Burundi, Pierre Nkurunziza qui entame un troisième mandat, le pays sombre dans une déliquescence. Les burundais sont privés des besoins les plus primaires, absence d’électricité, de carburant, de sucre et de médicament. A vrai dire, Pierre Nkurunziza brandit la carte légitime de la souveraineté. Cela lui valant une discorde de la communauté internationale qui se réfugie derrière les accords d’Arusha, qui empêcherait le président actuel de poursuivre l’exercice du pouvoir. Le président Burundais a pu s’appuyer sur le soutien de son homologue Ougandais, Yoweri Museveni. En effet, ce dernier n’a pas été tendre avec les institutions internationales et l’Union Européenne en particulier. Cette rixe, à l’échelle internationale, est à l’origine de la crise profonde qui agite le Burundi. Pour rappel, une série de sanctions de l’Union Européenne s’est abattue sur le pays.

Que retenir de ces incidents à l’échelle continentale ? Manifestement, le message qui se dégagera, sera le suivant :

UN PRÉSIDENT QUI S’ATTACHE DÉSESPÉRÉMENT AU POUVOIR, PROVOQUANT UNE POPULATION LOCALE EN OPPOSITION AVEC UN PAYS « DÉCROISSANT » AUX PORTES DE LA CRISE SANITAIRE.Click to Tweet

Une constante pour le continent concentrique, tant il peine à se développer. Triste conclusion pour tous les Panafricains qui se battent quotidiennement. Résultat des courses, l’image ternie de l’Afrique ne fera que freiner les progrès disséminés sur tout le continent.

Si cet article vous a intéressé, vous pouvez le partager via les réseaux sociaux, n’hésitez pas également à poster un commentaire. Dans le cas où vous souhaiterez nous proposer un article, contactez-nous.