Notre rencontre avec Chantal BLANCAND

Photo Chantal_Blancand_Présidente_ONG_Amitie_France_Madagascar Communication sociale

"En ce qui me concerne, je suis allée, comme simple 
touriste à Madagascar en 2006 et en revenant, n’étant pas 
restée insensible à la pauvreté criante malgré le travail 
acharné de la population,j’ai décidé de m’investir pour 
essayer d’aider; j’ai recherché une association, ai adhéré 
à Amitié France Madagascar, pour en devenir secrétaire, 
vice-présidente et présidente."

Chantal BLANCAND est notre troisième InCOMER, elle est la présidente de l’association Amitié France Madagascar qui oeuvre dans le Développement rural, le secteur de l’éducation et la santé. Après un séjour sur l’île Rouge, elle a décidé d’agir en apportant ses compétences au service de Madagascar et des malgaches.

1- Bonjour Chantal BLANCAND, pouvez-vous vous présenter ainsi que votre structure ?

 

Je suis Chantal Blancand, présidente de l’association Amitié France Madagascar depuis 2013. J’ai été responsable ressources humaines à la CRAMA, organisme de Sécurité Sociale et suis à la retraite. Les objectifs de l’association dont le Comité Directeur comprend sept personnes, sont de :

› Promouvoir les soins de santé primaires et les actions de prévention

› Soutenir l’éducation et la formation

› Favoriser la promotion féminine

› Favoriser le développement économique des villages du district d’Ambatolampy afin que les familles parviennent à l’autosuffisance alimentaire et à l’autonomie économique pour mieux se nourrir, se soigner et scolariser leurs enfants.

L’ÉDUCATION DES ENFANTS EST PRIMORDIALE CAR ILS SONT PORTEURS DE L’AVENIR DE LEUR PAYS. Click to Tweet

Et bien sûr, tout ceci se fait en utilisant des technologies adaptées aux moyens locaux, dans le respect de la culture et des traditions et avec la participation active de la population concernée.

 

2- Qu’est-ce qui a motivé la création de cette association?

 

L’association Amitié France Madagascar a été créée en 1994 par Antoine Rodriguez, suite à une longue mission professionnelle de six ans à Madagascar.

En ce qui me concerne, je suis allée, comme simple touriste à Madagascar en 2006 et en revenant, n’étant pas restée insensible à la pauvreté criante malgré le travail acharné de la population, j’ai décidé de m’investir pour essayer d’aider ; j’ai recherché une association, ai adhéré à Amitié France Madagascar, pour en devenir secrétaire, vice-présidente et présidente.

 

3- Comment définiriez-vous la situation sociale qui prévaut à Madagascar? 

 

Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde: 92% des Malgaches vivent avec moins de deux dollars par jour contre 85% en 2005. La faible croissance économique a concouru à la persistance et à la progression de la pauvreté et à la dégradation des indicateurs sociaux alors que la croissance démographique est forte (2,9 % par an), la population ayant évoluée de 5 millions d’habitants en 1960, à 16 millions en 2000 pour atteindre presque 25 millions en 2016.

Plus de la moitié de la population a moins de 20 ans et d’après les chiffres du Programme alimentaire mondial (PAM), 50% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition ; le taux de scolarisation ne cesse de diminuer par manque d’argent (achat de fournitures scolaires et paiement des écolages) ; ceci engendre des phénomènes aggravants comme le travail de l’enfant.

Les causes de la pauvreté sont multiples:

› Instabilité politique, freins administratifs, insécurité foncière et juridique nuisant au développement des entreprises et des investissements

› Inflation galopante de la monnaie

› Crises politiques successives, notamment celles 2002 et de 2009 entrainant la hausse des produits de première nécessité, la suppression de nombreuses entreprises et la perte de près de 40 000 emplois.

› Sens de la solidarité des Malgaches: les membres d’une même famille se soutiennent fidèlement les uns les autres mais souvent aux dépens de l’initiative personnelle et de l’esprit d’entreprise.

 

4- En quelques lignes, quelles sont les actions déjà menées?

 

• Construction

AFM a fait construire :

› 2000, dans la banlieue de Tananarive, un dispensaire de 64m² et un centre social de 400 m².

›  2004 dans un village de brousse situé à 85 km de la capitale, Ambatolampikely, un complexe scolaire pour 450 élèves du primaire à la 3°.

›  2009, six logements de fonction pour les enseignants

Depuis 2012, l’association s’investit dans le domaine du développement rural, durable non plus dans un village mais dans le district d’Ambatolampy qui comprend 18 villages  et en 2016, 600 familles sont concernées par les différents programmes :

› A Kélilalina, plantation de 100 000 pieds de géranium pour extraction d’huile essentielle permettant d’avoir des revenus complémentaires et ne plus connaitre la difficile « période de soudure » et le recours à « l’endettement chronique« .

› Dans neuf villages du district d’Ambatolampy création d’ une «cellule pilote» qui est un centre d’expérimentation, de démonstration , de formation et un relais de vulgarisation agricole favorisant le développement sur d’autres familles et villages.

› Formation dans des écoles d’agriculture, pendant une année scolaire (sur trois promotions) de vingt jeunes dont certains sont devenus des techniciens agricoles renforçant l’équipe locale de développement ou des vulgarisateurs dans leurs villages.

• Financement & Partenariats

Amitié France Madagascar a financé le début de la construction d’un centre de formation agricole dans le district (Kélilalina) et une autre association, Tsinjo Ho Lovasoa, a pris financièrement le relais; dans ce centre, des générations de jeunes seront formées pour devenir des agriculteurs professionnels, fiers de leur métier et des vulgarisateurs qui permettront un développement encore plus important des villages car c’est grâce à l’exemple, à la vision concrète des nouveaux modes de culture que les paysans adhèreront et produiront mieux et plus chez eux….

› Formation des femmes à la couture, vannerie.

Pour mener ses actions, Amitié France Madagascar s’appuie sur un partenaire local, l’association Tsinjo Aina dont le président, ingénieur agronome assure la mise en place et la coordination des actions ; pour cela, il a constitué une équipe dynamique et motivée de quatre techniciens agricoles et créé des groupements d’agriculteurs dans chaque village. Ces groupements doivent partager des valeurs communes (solidarité, entraide, obligation de scolariser les enfants).

 

5- Et les projets futurs?

 

Pour l’avenir, il faut poursuivre les deux projets ambitieux et lourds mis en place en 2014 et 2016 (culture du géranium et vitrines agricoles), contrôler les résultats, mettre en place des actions pour que ces actions soient durables et s’étendent à la majorité des familles du district. Par ailleurs, une mission est prévue en octobre 2016 pour étudier ce que l’association pourrait apporter dans le domaine de la santé en aidant les centres de santé de base du district. Il est à noter qu’en 2014, une équipe de trois personnes professionnelles de la santé a mené une première analyse des besoins.

Amitié France Madagascar est aussi en relation avec une autre association, Au coeur des Peuples, qui a créé un circuit solidaire pour faire connaitre la Belle Ile Rouge et les villages du district d’Ambatolampy.

 

6- Que pensez-vous du rôle de la Diaspora malgache en France? Devrait-elle participer davantage au développement de l’Ile? 

 

La diaspora malgache devrait aider au développement socio-économique de Madagascar avec des transferts de fonds et de savoir-faire ainsi qu’avec le développement de l’investissement, du tourisme et le renforcement de la solidarité nationale. Je ne sais pas quel est actuellement son rôle et son impact réel.

 

7- Un mot sur Madagascar (population, paysage …)?

 

J’ai décrit la belle Ile rouge comme un pays très pauvre alors que Madagascar est une île riche de promesses, avec toutes ses ressources ; les ressources minières sont très importantes car le sol renferme du charbon, du fer, de la bauxite, de l’uranium, du pétrole, du nickel, du cobalt, du titane. Ce paradoxe est difficile à admettre car les richesses sont distribuées à une minorité de personnes, à peine 10%, les inégalités sociales se creusent et la pauvreté augmente.

MADAGASCAR POURRAIT AVOIR UN AVENIR TOURISTIQUE TRÈS IMPORTANT AVEC SES PAYSAGES MAGNIFIQUES, VARIÉS, SA FAUNE ET SA FLORE ENDÉMIQUES ET UNIQUES AU MONDE, SA POPULATION ACCUEILLANTE ET SOURIANTE MALGRÉ SES CONDITIONS DE VIE TRÈS DIFFICILES.Click to Tweet

Le pays a un potentiel économique important mais Madagascar doit résoudre son problème de gouvernance pour se développer.

Ravinala_Symbole_de_Madagascar

8- Chantal, Le mot de la fin?

 

Madagascar, un monde à part ? C’est peut-être pour cela que j’ai choisi ce pays pour m’y investir avec l’association Amitié France Madagascar en aidant la population d’un district des Hauts Plateaux à parvenir à la sécurité alimentaire pour pouvoir scolariser ses enfants. 600 familles sont à ce jour touchées par notre action qui pourrait être étendue si nous avions des financements supplémentaires. Pour nous aider de nombreuses possibilités:

→ Regardez notre site internet AFM, analysez nos actions à Madagascar, faites nous connaitre,

→ Soutenez nous en participant financièrement à nos projets, par l’intermédiaire d’un don

→ Versez vos tookets , la monnaie solidaire du Crédit Agricole,

→ Faites vos achats sur internet avec l’application solomoov, la start up qui a du coeur et en choisissant Amitié France Madagascar.

→ Apportez vos compétences ou un peu de votre temps car l’association est lourde à porter quand si peu de personnes s’y investissent alors qu’il y a tant à faire pour de grands projets qui permettent de sortir une partie de la population de la pauvreté et de mettre les enfants sur le chemin de l’école.

Merci à InCOME Associate. 

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Amitié France Madagascar

 

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